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Les lieux inaccessibles aux hommes sont peuplés d'une foule de créatures très anciennes qui habitent les forêts,les bois et les sanctuaires sylvestres, les lacs, les sources et les fleuves..."
                       Marcianus Capella

 

 

Si l'on considère que l'Europe ne peut être le seul habitât du Petit Peuple, nous ne pouvons être étonnés d'apprendre que de nombreux récits font état de rencontres de ce type outre-Atlantique.

On raconte notamment qu'au sud-est des Etats-Unis, dans la région située entre les Appalaches et le Mississipi, vivrait (ou aurait vécu) une race d'Etres féériques, les Yunwis Djunstis, lesquels ressembleraient fort à leurs cousins européens, tout du moins en ce qui concerne leurs moeurs.

Les Cherokees, qui partageaient leur territoire avant l'arrivée des Blancs, les décrivent comme de petites personnes d'environ 70 cm de haut (deux pieds), dont la principale caractéristique physique aurait été une chevelure brune si longue qu'elle pouvait toucher le sol alors même que le Yunwi Djunsti se tenait debout. A mon avis cela devait poser quelque problème à leur possesseur et, sans doute, faut-il en conclure qu'ils la gardaient ainsi longue soit pour des raisons esthétiques, à l'instar des elfes de Tolkien,  soit, plus vraisemblablement, pour des motifs magiques ou symboliques.

Après tout, nous savons depuis longtemps que le rôle des cheveux dans la magie ne doit jamais être sous-estimé. .Après tout, n'est-il pas écrit dans la Bible (que l'on me pardonne cette référence) que Sansom tirait sa force surhumaine de sa longue chevelure?
Dans un contexte plus profane, il peut être utile de rappeler que le principal attribut magique utilisé par les  les roussalkas n'était rien d'autre que leur peigne, objet lui-même directement lié à la chevelure. On n'oubliera pas, non plus, le rôle joué par les cheveux dans les enchantements maléfiques.

Un autre élément intéressant concerne leurs vêtements, ou plutôt la façon dont ils semblent avoir copié le costume de leurs voisins humains, comme cela paraît avoir également été le cas dans nos contrées.

En Amérique, ils étaient coiffés d'un turban et vêtus, du moins dans les temps anciens, d'une tunique et de jambières en peau de daim finement tannées et ornées de franges aux coutures. Là encore, une mention spéciale est faite quant à l'élégance de leurs habits. Tunique et manteau auraient été rehaussés de fines broderie tandis que bijoux, broderies et autres ornements précieux parachevaient leur toilette.

Bien que les Yunwis Djunstis semblent appartenir à une même race aux caractéristiques physiques  très proches (pour autant d'ailleurs qu'il soit possible de les différencier à l'oeil nu), on les divise généralement en quatre espèces... à moins qu'il ne soit plus exact de parler ici de tribus.

On les distingue en fonction de leur habitat, selon s'ils habitent au sein de collines rocheuses aux pentes escarpées, dans des racines de rhododendron, sous des buissons broussailleux ou encore dans la Prairie. Quoique j'ignore si les Yunwis Djunstis de la Prairie vivaient à l'air libre ou dans des galleries souterraines (je n'ai rien pu trouver à ce sujet), il semble bien que tous les autres résidaient sinon directement sous la terre, du moins abrités dans les racines des plantes... ce qui revient sensiblement au-même et se rapproche, une fois encore, des moeurs de leurs parents d'Europe (cf. les Rois des promontoires)

Cette distinction entre Yunwis Djunstis peut paraître sans grand interêt, mais si vous avez envie de faire leur connaissance, et à supposer qu'ils vous y autorisent, je vous conseille fortement de privilégier les deux premièrs groupes, supposés être plus amicaux que ceux de la Plaine ou des broussailles (même s'ils n'hésitaient pas à leur jouer mille tours dignes du plus taquin des Pixies).

Du moins avaient-ils cette réputation jusqu'à l'arrivée des Blancs.

Car les Yunwis Djunstis, qui  vivaient en bonne harmonie avec les Cherokees, ont été fortement marqués par le sort tragique subi par ces derniers dans les années 1930, losqu'ils furent expatriés .

Désormais, tout habillés de blanc, ils sont devenus quasiment invisibles à l'oeil humain. Heureusement, peut-être, car il n'est jamais bon de les rencontrer et le voyageur imprudent qui les dérangerait pourrait bien avoir son existence écourtée par quelque catastrophe... à laquelle ces petits américains ne seraient pas étrangers.

 

 

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