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"J'ai vu souvent, à des fêtes moins belles, Alphonse Karr: les Willis On rencontre parfois, dans les forêts brumeuses des Balkans, de belles jeunes filles, de taille humaine, minces et élancées, souvent vétues de robes blanches et dont les longs cheveux flottent dans la brise. Certains narrateurs, plus ou moins bien informés, les décrivent comme portant des ailes, mais cela me paraît davantage s'agir de la tendance générale et relativement moderne de représentation des Etres fantastiques que de la réalité. Connues le plus souvent sous le nom de Vilas, ces esprits sylvestres que je n'hésiteraient personnellement pas à traiter d'elfiques, apparaissent également dans les chroniques régionales sous la dénomination de Vilis ou Willis (cf. le poëme d'Alphonse Karr). A l'encontre de certains Etres de leur parentée, les Vilas (je m'en tiendrai à ce titre) ne recherchent pas la promiscuité avec les humains, préférant vivre au cœur rudes montagnes de Serbie ou de Macédoine, près de lacs, de sources ou de rivières, au bord desquels il est parfois (quoique rarement) possible de les voir danser au clair de lune. De telles rencontres n'entrainent pas nécessairement des conséquences tragiques pour le témoin, quoique certains récits font états de Vilas malfaisantes et même laides, telle la Vîntaoasele, qui chevaucherait un nuage noir et serait suivie d'un cortège de tonerre, de grèle et d'éclairs. Je ne serais cependant pas étonnée s'il s'agissait là d'une confusion intervenue au cours des siècles entre des entités différentes et je préfère personnellement la vision d'une jeune et belle Vila partant à la chasse armée de son arc et montée sur un leste dain blanc.
Il semble que les Vilas soient le plus souvent indifférentes à la condition humaine. Elles peuvent, toutefois, se montrer amicales voire serviables envers les Mortels acceptant d'user à leur profit de leurs puissants pouvoirs ou de leur connaissance justement réputée des herbes médicinales. On raconte qu'elles auraient même, à l'occasion, tissé quelques liens avec des humains, généralement des musiciens enlevés pour rythmer leurs rondes, lesquels auraient reçu en échange une véritable initiation musicale. Les Valas seraient en effet elles-mêmes des musiciennes hors-pair.
Encore faut-il, bien sûr, ne surtout pas les déranger, particulièrement durant leurs dances car, si elles sont généralement inoffensives, elles n'hésiteront pas alors à utiliser leurs arcs pour tirer des flèches parfois mortelles sur l'importun. Ou encore, peut-être, ce génant sera t-il entrainé pour un temps dans une ronde devenue infernale. Car ces nymphes sylvestres et aquatiques, associées à l'élément Air par leur patronyme ( Vila viendrait d'un mot indo-européen signifiant le vent), sont également considérées dans certaines traditions comme l'esprit des morts. Rien de bien étonnant à cela, le lien avec la Nature et les ancètres défunts étant une constance de la tradition elfique dans les mythes européens. Car je crois bien que cette fois le doute n'est guère permis et que nous avons retrouvé, dans ces légendes balkaniques, la trace d'Elfes disparus. Qu'en pensez-vous? |
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