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Pour retrouver la structure de
cette société, pour laquelle nous n’avons malheureusement que peu d’informations
directes, je me suis basée sur deux postulats.
Le premier est que les Elfes n’aiment
pas le changement (ce qui est probablement un euphémisme). Tolkien lui-même les
traite d’ « embaumeurs ». Il est donc hautement probable que les
structures ayant existé au Premier Age ont perduré, chaque fois que cela a été
possible compte tenu des circonstances historiques, au cours des Ages suivants.
Ainsi, les structures sociologiques telles qu’elles
apparaissaient encore
à la fin du 3ème Age à Mirkwood, Fondcombe
ou en Lothlorien,
devaient refléter les modèles elfiques (ou plus précisément eldarin) originels.
Le second postulat est que, par un
phénomène classique de mimétisme, la société édaine, qui donna Númenor et plus tard les Royaumes d’Arnor
et de Gondor, reflétait encore dans une certaine mesure la société des Eldar dont elle
fut la vassale puis l’alliée au cours des Ages. Leurs coutumes peuvent donc
nous
aider à retrouver le modèle de la société elfique.
C’est sur ces bases que j’ai reconstituée le type de société décrit
ci-dessous.
Ière
Partie: Les structures claniques
Elles sont fortement
hiérarchisées et découlent d’une conception de caste inhérente aux origines
même de leur Société. En effet, sauf pour de rares
exceptions nées de la valeur reconnue d’un individu, le rang et la place de
chacun dans ladite société est déterminée par la naissance et n'est pas modifiable.
L’origine de ce déterminisme apparaît dès les premières sociétés
elfiques, caractérisées par un système de clans. En effet, dès leur apparition en
TDM, les Quendi (les Elfes) se sont immédiatement scindés en trois fratries où
apparaissaient déjà en germe leurs compétences principales, ce qui conduira
à une
première
hiérarchie des futurs clans. Plus
tard, une nouvelle distinction
apparaîtra entre les Eldar, qui répondirent à l’appel d’Oromë, et les Avari qui le déclinèrent. Il en
aurait découlé entre ces Elfes un schisme
social aussi grand qu’entre un Avari et un
Humain. (C’est tout dire !)
Or, cette distinction perdurera au
cours des générations suivantes. Ainsi les Elfes nés de parents (ou
de grands-parents) Avari ne pourront jamais voguer vers les Terres
Bénies. Quels que soit leurs vœux, il sont condamnés à rester en Terre du Milieu
jusqu’à la Fin des Temps.
La hiérarchie existe également au
sein des Eldar entre ceux qui, ayant atteints les Terres Immortelles, ont bénéficié
de la lumière des Arbres et
de la présence des Valar (ce
sont les Amanyar, c'est à dire,
ceux d’Aman) et les autres, qui s’arrêtèrent
en chemin et ne bénéficièrent donc d’aucune
bénédiction spéciale ni de l’enseignement des Valar.
De fait, les Noldor exilés en TDM,
ne considérèrent aucun clan elfique de la Terre du Milieu comme égal au leur, à
part (dans une certaine mesure) les Sindar qui avaient bénéficié de l’enseignement des Maïar
Melian et Ossë et dont le Roi, Elwë (Thingol), était lui-même un Amanya.
Enfin,
il ne faut pas oublier la hiérarchie
officieuse qui pouvait exister
entre les principaux clans (Vanyar,
Noldor et Teleri) et leurs "sous-clans"
(Sindar, Nandor, ...)
Dans ces conditions il aurait
été difficile à un Elfe d’oublier, ou de modifier, sa place dans la société.
Les fondements d'une rigide hiérarchie de caste étaient posés.
Pour simplifier,
nous aurions donc:
a) les Avari, tout au bas de l’ « échelle sociale » elfique
(tous clans
confondus);
b) les Eldar ayant participé à la Grande Marche mais n’ayant pas atteint
Valinor. Toutefois, en ce qui concerne les Sindar, l’enseignement reçu par les
Maïar Melian et Ossë, compensera en partie le déficit d’estime engendré par le
fait d‘être restés en TDM ;
c) les Eldar ayant atteint ou étant nés en Aman (ils sont appelés
amanyar, c’est à dire ceux d’Aman). Ce sont les seuls à avoir pu non seulement
bénéficier de l’enseignement des valar mais aussi à avoir été bénis par la lumière des
Arbres. Ils se situent tout en haut de l’échelle elfique.
Ainsi, de par sa naissance,
chaque elfe appartient à deux catégories distinctes et se défini vis
à vis de ses "frères"
à
la fois par son « ethnie » et par son histoire (ou, le cas échéant, par celle de
ses ascendants).
Enfin, Il est particulièrement intéressant de noter que non seulement les répercussions
de ce système de caste étaient évidentes
dans la hiérarchie sociale interclanique,
mais qu'elles se traduisaient également
sur les plans physique et psychologique. Ainsi, à titre d’exemple, les amanyar, étaient plus sages, plus
résistants (ou du moins l’étaient à leur départ d’Aman) et se distinguaient
(entre autres choses) des autres Elfes par un regard notablement plus brillant.
Rien de bien étonnant à cela
dans une société fortement marquée
par la notion "de droit
divin".
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