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Des Rois jaloux de leur pouvoir

Il fut, ainsi, longtemps admis qu’aucun Roi mortel ne pouvait aller à Stevns, sous peine de s’aliéner sa locale Majesté avec les conséquences dramatiques que l’on peut imaginer. Il faudra attendre l’avènement de Cristian IV pour que le ruisseau servant de frontière au Royaume elfique soit franchi pour la première fois par un monarque humain… et ce, d’ailleurs, sans aucun incident.

 

 

 

 

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Le Roi Tolv n’était pas d’avantage accommodant et interdisait purement et simplement la traversée du pont de Skjel à tout prince mortel. On peut supposer, a contrario, que les manants étaient admis ce qui, après tout, pouvait présenter pour ces derniers quelques avantages. Après tout, qui a dit que quand le Roi n’était pas là ses sujets dansaient ?

Enfin, toujours d’après les chroniques de l’époque, le Roi de Bornholm, un  peu plus accueillant, aurait néanmoins limité à trois jours la tolérance accordée à un souverain mortel pour résider sur son île.

 

 

En conclusion

Outre la légende elle-même, on pourra noter deux faits liés à notre étude générale sur les Elfes

Tout d'abord, s’il était logique que chaque Roi protège son territoire des envahisseurs potentiels  éventuels, son allégeance à une nation humaine n’avait  lieu d’être que dans l’esprit des Hommes. Nous assistons donc là à une annexion du Royaume elfique au bénéfice des souverains (humains) concernés. Considérant que la participation directe de ces armées miniatures aux combats apparaît comme hautement improbable, le bénéfice ne pouvait être que moral.

Encore ne faut-il pas le sous-estimer. En effet, si l’on considère que ces rois étaient probablement les avatars dénaturés d’anciennes divinités (j’y reviendrai un jour en détail), leur participation même virtuelle devait présenter un apport appréciable pour booster le moral des troupes… sans oublier celui des civils. La persistance de la recherche de cet appui moral à l’époque chrétienne, y compris celle « contemporaine »,  montre bien son importance pour les populations concernées.

Le second élément, également d’origine humaine et tardive, consiste dans le mélange des genres qui entoure ces petites royautés. La diminution de la taille des Elfes, comme d’ailleurs de leurs royaumes, relègue nos Rois de promontoires dans la « petite mythologie ». Nous sommes loin ici des divinités primitives dont ils furent pourtant certainement issus. En outre, il est probable que se soient ici confondus deux mythes différents, l’un portant sur d’anciennes divinités solaires représentées ici par le Roi Elfe, alors que le symbolisme du char tiré par des chevaux noirs et générateur de tempête et de morts, se rattache visiblement à une symbolique plus funèbre.

 

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