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 Si nous ne connaissons officiellement pas grand chose des  Avari (les Elfes qui refusèrent de suivre Oromë à l'Aube des Temps), nous avons plus d'informations en ce qui concerne la vie familiale des Eldar... et donc très certainement, par extension, l'ensemble des Elfes.

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 L’Elfe est, nous le savons (cf. « La société elfique ») un « animal » clanique. Son statut dépend pour l’essentiel de son clan, c'est-à-dire de sa famille. Ce n’est pas pour rien, après tout, que les membres des clans écossais (pour ne citer qu’eux) se font appeler « mac », c'est-à-dire « fils de ». Le clan, en effet, n’est jamais qu’une grande famille au sein de laquelle tous sont liés. On comprend donc bien que dans un tel contexte l’institution même du mariage soit particulièrement importante puisqu’elle unit non seulement deux êtres, mais également deux cellules familiales et parfois, si le rang des époux l’autorise, deux clans.

Si l’on ajoute à ce contexte les conceptions religieuses des Elfes on aboutit à des règles d’autant plus complexes que s’y ajoutait une dimension divine.

Mais évidemment, comme pour toute règle, les exceptions ne manquaient pas… pas plus que ne manquèrent  les conséquences fastes ou préjudiciables qui les accompagnèrent.

I- Le mariage : une union librement consentie

Bien entendu, le mariage elfique doit avoir sa part de féerie. Ainsi les futurs époux se devaient d’être beaux, jeunes et, enfin, amoureux.

En ce qui concerne la beauté, la question ne se pose même pas. Ne s’agit-il pas d’Elfes et donc de « Belles Gens », mais pourquoi « jeunes ? ».

Tolkien est, sur le sujet catégorique. Dans sa description du mariage chez les Eldar, il affirme que ces derniers « se mariaient dans leur jeunesse et peu après leurs 50 ans », ce qui permet d’ailleurs de supposer que la cinquantaine devait représenter chez les Elfes une sorte de seuil symbolique pour atteindre l’age adulte, avec toutes les responsabilités qui en découlent dont celle d’une famille.

Evidemment, comme je le disais plus tôt, cette règle devait connaître de nombreuses exceptions. Nous savons, d’ailleurs, que pendant les époques troublées, et Eru sait qu’elles furent nombreuses en TDM, les noces furent souvent repoussées. Il s’agissait, probablement, d’éviter d’élever des enfants dans un contexte où leur existence ne pouvait être assurée.

De fait, de nombreux exemples, du moins parmi la noblesse elfique dont les chroniques nous sont parvenues, montrent que l’attente pouvait se prolonger quelques siècles voire quelques millénaires après ces fameuses premières cinquante années Ainsi, Thingol épousa Melian 26 années valar (soit près de 250 de nos années) après son voyage en Valinor(donc bien après sa première jeunesse); Galadriel (selon la version généralement acceptée) épousa Celeborn en Beleriand et Elrond se maria avec Celebrian à l’age de 3599 ans. Arwen, enfin, n'épousa Aragorn qu'alors qu’elle avait atteint 2778 ans !!!

Mais qu’importe ces considérations d’age, puisqu’ils étaient amoureux. Car les Eldar se mariaient « par amour, ou tout au moins, par libre consentement des deux parties ».

Et comment aurait-il pu en être autrement ?

Les Elfes possèdent une capacité innée à saisir la vérité cachée et ne s’en laissent donc pas compter dans le choix de leur conjoint. En fait, s'il est probable que  l’expérience puisse aiguiser cette capacité, il semble que dès leur plus jeune age ils soient capables de voir au-delà des apparences et que le choix de l'époux idéal leur soit ainsi révélé.

Quant au libre choix des du conjoint, la seule idée de rester lié pour l’éternité (ou suffisamment longtemps pour y ressembler) à la même personne sans pouvoir divorcer, le divorce étant interdit, me paraît personnellement suffisante pour inciter la grande majorité des individus à prendre toutes les mesures nécessaires pour "faire le bon choix".

Il faut cependant reconnaître que certains cas sont ambigus. Le plus célèbre parmi ceux-ci est probablement celui d’Eöl, l’Elfe Noir. Ce dernier aurait réussit, par quelque enchantement, à épouser la fille de Fingolfin, Aredhel. Mais le fait que cette dernière soit restée longtemps auprès de lui avant de s’enfuir… et sans mourir de chagrin (ce qui, à défaut d’autre chose l’aurait libérée de ce mariage) m’a toujours laissée assez sceptique quant au caractère purement contraignant de cette union.

 

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