L'immortalité
elfique
Chacun
sait que les Elfes sont immortels.
Apparus sur Terre par la volonté
d'Eru en 1040 (AV*) après la
naissance des Arbres et alors que les premières
étoiles illuminaient le ciel
d'Arda, ils sont destinés à
vivre tout au long des Ages. Mais
peut-être devrais-je écrire
"condamnés"!!
Car,
en dépit des apparences, leur
immortalité n'est jamais que
relative.

Pour
être vraiment immortels, les
Elfes devraient répondre à deux
conditions:
1) que leur corps ne
puisse jamais mourir quelles
que soient les conséquences,
et 2) qu'ils soient autorisés à
vivre éternellement, c'est
à dire au-delà de la fin des
Temps. Or il n'en est rien.
Les
Elfes ne sont pas à l'abri de
la Mort.
Certes,
dans les meilleures circonstances,
les Elfes peuvent profiter
d'une vie chiffrée en millénaires...
et probablement en millions
d'années. Ainsi les Vanyar,
dans leurs demeures en Valinor,
au pied du Mont Taniquetil où
réside Manwë, connaissent sans
doute
un tel destin (du moins pour
ceux ayant survécu à la Guerre
de la Colère)... mais combien
d'autres Elfes ont trouvé la
Mort en TDM et même parfois, tels Finwë et Miriel,
dans les Terres Bénies d'Aman!!!
Leur
enveloppe physique, en effet,
même si particulièrement résistante
au point de ne pas connaître
la maladie et de pouvoir survivre
dans des conditions extrêmes
(de tous les Compagnons de l'Anneau
Legolas est de loin le plus
résistant, lui qui pouvait
courir plusieurs jours d'affilée sans dormir, où ignorer
le froid de la neige se contentant
de chaussures légères au milieu
des congères)
n'est pas indestructive. Les
Elfes peuvent nourrir, et de
fait, nombreux ont-ils été à
subir ce sort.
Tout d'abord, ils peuvent nourrir
par la destruction de leur corps.
La
"Prophétie du Nord",
adressée aux Noldor en révolte, est
d'ailleurs particulièrement
claire:
« (…) vous avez répandu injustement le sang de vos frères, vous avez
souillé la terre d’Aman. Pour le sang vous verserez le sang et au delà d’Aman
vous marcherez sous l’ombre de la Mort. Car si Eru ne vous a pas destiné à
mourir de maladie en ce monde, vous pouvez être tués et la mort s’abattra sur
vous : par les armes, la souffrance et le malheur, et vos esprits errants devront
alors se présenter devant Mandos. (…) »
Mais
les Noldor ne furent pas les
seuls à connaître ce destin,
et ce bien avant que Melkor
(Morgoth) ne les incitent à
la rebellion.
Dès le Premier
Age, les décès (relatés) abondent.
Nous savons notamment
que nombreux furent les Elfes
qui trouvèrent la Mort dans
leur Grand Voyage vers Valinor.
Plus tard ce fut le cas de Finwë, assassiné par
Melkor, ou encore les Teleri d'Alqualondë
tués en essayant de protéger
leurs bateaux-cygnes...
Mais au delà de la
mort par les armes, les Elfes
pouvaient également finir noyés, tel Amroth
cherchant à rejoindre le rivage,
ou mourir écrasés, comme les
Noldor broyés par les Glaces Grondantes
du détroit d'Helcaraxë. On
peut également supposer qu'ils
pouvaient nourrir d'inanition
(pourquoi sinon auraient-ils
eut besoin des lembas lors de
leurs expéditions?) ou,
d'une façon générale, de toute
manière ne relevant pas de la
maladie ou de la vieillesse.
Il est également acquis que les Elfes pouvaient
également nourrir de chagrin ou
de lassitude. La plus célèbre
de ces morts, et la première
répertoriée, concerne la malheureuse
mère de Fëanor, Míriel qui,
souffrant probablement de ce
que nous appellerions aujourd'hui
une dépression postnatale, non
seulement se laissa mourir
mais refusa ensuite de reprendre
sa place
parmi les vivants. (Décision
qui devait d'ailleurs avoir
des conséquences désastreuses
pour son Clan).
Car, habituellement,
après un séjour de pénitence dans
les Cavernes de Mandos, l'Elfe
défunt était autorisé à se
réincarner et pouvait alors
retourner vivre parmi les siens.
Mais même ainsi, ils ne
pouvaient toujours pas se targuer
d'une véritable immortalité.
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