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Les Elfes en leur temps
Restons en Europe, champ déjà
suffisamment large et (oh combien!) complexe pour notre étude.
Les descriptions dont nous
disposons dépendent en grande partie de la date des apparitions. On assiste, en effet, au cours de
l’Histoire à un rapetissement généralisé de l’espèce, alors qu'apparaissent et
se multiplient parallèlement diverses difformités : oreilles pointues,
bosses, ailes, etc.
Il n’en avait pourtant pas
toujours été ainsi.
Etudions par exemple la taille des
elfes.
Les premiers textes dont nous disposons
ne considèrent pas un tel critère comme déterminant, bien au contraire. Non
seulement on trouve des Elfes de toute taille, allant du pygmée au géant,
mais il semble même qu’ils aient été capables de modifier leur stature à volonté.
Prenons quelques spécimens :
En Irlande, les Tuatha De Danann étaient réputés être au moins aussi grands que
les hommes. Certains auteurs, tels Evans-Wents (The Fairy-Faith in Celtic
Countries-1911), iront même jusqu’à les décrire comme mesurant plus de de 4m de
haut !!
Exagéré ? Peut-être. Il n’en
demeure pas moins vrai qu’une légende du XII ème siècle, consignée par Walter
Map, décrit également les "fées" ( fées et elfes ont souvent été
confondus) comme étant plus grandes et plus massives que les femmes humaines.
Dans un roman anglais du XIVème
siècle, « Sire Gauvain et le Chevalier Vert », le dit Chevalier (membre de la Faërie), et son épouse (en l’occurrence la fée Morgane) ont une taille
tout à fait normale, selon nos critères.
Et pourtant, dès cette époque, le
gène du nanisme était déjà actif .
Ainsi, dès le XIIème siècle, un ecclésiastique gallois connu sous le nom de Giraldus Cambresis décrivait les Elfes comme étant
« de plus petite stature» que les hommes.
La polémique fera
bientôt rage entre les partisans des « grands » ou des
« petits » elfes.
Au XVIIème siècle, sous
Elisabeth 1er d’Angleterre, si Edmun Spencer dans « The
Faerie Queene » et Lord Dunsany dans « The King of Elfland’s
Daughter » dépeignent encore les elfes comme étant de taille humaine,
Shakespeare et Michael Drayton les conçoivent
beaucoup plus petits, à l’exemple de ceux décrits par le Révérend Robert
Kirk dans son livre « La République mystérieuse… ».
Mais c'est sous la Reine
Victoria, que la mode des elfes « fleurs », ailés et minuscules,
atteindra son apogée.
Geoffrey Hobson, célèbre voyant de
lcette époque, décrivit les « Fées de Cottingley », comme étant recouvertes
d’une peau brillante, comme humide,de la couleur de l’écorce et affublées (les malheureuses) de mains et de pieds disproportionnés compte tenu de leur taille.
Il écrivit notamment: « Leurs
jambes étaient maigres et leurs vastes oreilles, pointues au sommet et dirigées
vers le haut, avaient presque la forme d’une poire. Leur nez aussi était pointu
et ils avaient de grandes bouches. A l’intérieur de cette bouche, pas de dents,
pas de structure, pas même de langue, pour autant qu’il fut possible de le voir,
exactement comme si tout l’ensemble était un morceau de gelée. Une
petite aura verte les entourait. ».
On retrouve, dans
cette description, les difformités dont les Elfes seront de plus en plus souvent victimes lau cours des Ages et dont la bosse
d’Auberon ne sera que l’un des premiers et plus célèbres exemples.
Qui a parlé de « Belles
Gens » ?
Ne vous fiez toutefois pas trop à ces descriptions calomnieuses de jaloux, et faites plutôt confiance au poète W. B.
Yeats qui écrivait
au tournant du XXè siècle: « n’allez pas croire que les fées1
sont toujours petites. Tout en elles est capricieux, y compris leur taille.
Elles semblent capables de prendre toutes les formes imaginables… les fées
irlandaises sont parfois aussi grandes que nous et même plus, allant jusqu’à
atteindre, à ce qu’on dit, trois pieds de haut »
(1on entendra ici le terme fée comme générique pour tous
les habitants de Faërie).
Mais alors, qu'en est-il vraiment?
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